Je repense parfois à tout ce que nous avons traversé Tiplouf et moi……
Ca a débuté à 5 mois ½ de grossesse. Tiplouf a failli naître grand prématuré.
Nous avons donc été hospitalisés pour qu’il reste dans mon ventre.
Je suis restée allongée et branchée à des perfusions pendant 6 semaines sous une chaleur accablante.
Impossible de quitter mon lit. Le produit qu’on m’injectait en permanence accélérait mon rythme cardiaque à 120 pulsations/min et troublait ma vue. Je ne parvenais pas à dormir…. De toute façon les sages femmes me réveillaient toutes les trois heures pour surveiller ma température et ma tension artérielle. Elles surveillaient également que mes reins ne se bloquaient pas en mesurant le volume journalier de mes urines.
J’avais également droit aux injections dans les jambes pour éviter la phlébite et les injections de corticoïdes dans les fesses pour développer les poumons de Tiplouf en prévision d’un accouchement prématuré. Saloperie de corticoïdes…de vraies doses de cheval…ça fait un mal de chien. On dirait qu’on vous injecte du ciment puis qu’on arrache tout.
Certaines sages femmes étaient plus douces que d’autres pour rester politiquement correcte.
Mon vagin était devenu un vrai hall de gare et mon corps ne m’appartenait plus…Je n’étais plus qu’un ventre. Je restais des heures sous monitoring pour contrôler le rythme cardiaque de Tiplouf ainsi que l’amplitude et la fréquence de mes contractions utérines.
J’ai frôlé la césarienne en urgence vers 6 mois de grossesse parce que j’avais attrapé une infection… un grand silence du personnel soignant a régné sur cette affaire… J’ai donc eu droit en prime à l’injection en intraveineuse de trois antibiotiques différents sur 3 semaines.
Le chef de service est venu me voir suite à cet événement le samedi matin suivant pour me proposer un protocole de test en cas d’accouchement prématuré afin de tester un nouveau produit pour éviter les séquelles neurologiques pour Tiplouf. Il faut savoir que le week-end on ne voit pratiquement personne et c’est très angoissant puisqu’on est totalement dépendant du personnel soignant. Donc il m’annonce ça et s’en va me laissant seule face à cette terrible menace : « mon enfant peut avoir de terribles séquelles psychologiques s’il nait trop tôt ».
J’ai dû attendre la semaine suivante pour voir une psychologue afin d’en parler.
Ce que je devrais préciser c’est que je commençais également à réaliser que j’étais seule bien qu’étant en couple. Le Papa de Tiplouf commençait à montrer les prémisses de l’absence totale d’implication dont il a fait preuve par la suite…….
J’allais oublier les prises de sang quasi quotidiennes le plus souvent réalisées par des stagiaires ne sachant pas piquer. Mes veines étant complètement durcies par les produits j’ai bientôt été couverte d’hématomes. J'ai perdu 1 kilo alors que j'aurais dû en prendre 3.
Et les perfusions……..l’aiguille qui tire, la perfusion qui se bouche parce que mes veines n’en peuvent plus….. J’ai gardé les stigmates de tous les emplacements sur mes bras.
Je faisais ma toilette et mes besoins sur le lit... je sais ce que c'est que rêver d'aller aux toilettes et de prendre une douche.
J’ai tenu bon 2 semaines clouée sur mon lit avec un moral qui épatait les sages femmes.
Suite à ce fameux samedi, j’ai craqué à peu près tous les deux jours par épuisement et angoisse.
Je suis sortie de l’hopital, toujours enceinte. C’était l’été…..j’ai pleuré en voyant un parterre de fleur……. J'avais la démarche d'une grand mère.
vécu, mais jamais raconté, jamais "posé" sur papier ..... c'est fou cette similitude et c'est mon fils aîné qui est atteint d'autisme et pas le second pour qui j'ai vécu cette période estivale terrible!
Je viens de découvrir ce blog et je reviendrais ... je n'ai pas tout lu
pour ces durs moments passés, quand je lis cette histoire , oui parfois le personnel médical , n est pas ce qu il faudrait.